Nemo a gagné l’Eurovision… et un an plus tard, la Suisse règle encore l’addition

L’Eurovision a cette capacité étrange à ne jamais vraiment s’arrêter au générique de fin.
On passe à autre chose, en théorie. En pratique, certains moments continuent de faire des vagues longtemps après.

La victoire de Nemo à l’Concours Eurovision de la chanson 2024 en est un parfait exemple.

Sur scène, un trophée.
En coulisses, un malaise qui a fini… devant un tribunal.

Un commentaire qui n’a pas vieilli, mais qui a mal tourné

Dans les jours qui ont suivi la victoire de NemoIvan Thévoz, élu cantonal à Fribourg, a publié un commentaire comparant l’Eurovision aux fêtes de lutte suisse, en suggérant qu’on y trouvait « moins d’homosexuels ».

Ce n’était ni fin, ni ambigu.
Et surtout, ce n’était pas passé inaperçu.

La justice tranche (sans trembler)

En mai 2025, Ivan Thévoz a été reconnu coupable de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle. Condamné à une peine avec sursis et à une amende, il a tenté de faire appel, invoquant la liberté d’expression et affirmant que ses propos visaient l’identité de genre, pas l’orientation sexuelle.

Cette semaine, le Tribunal cantonal fribourgeois a rejeté son recours.

Le message est clair:
il s’agissait bien d’une insulte homophobe, à caractère stigmatisant et discriminatoire. Et non, la liberté d’expression n’autorise pas tout — surtout quand on est une personnalité publique.

Un dernier recours reste possible devant le Tribunal fédéral, mais le cadre est désormais posé.

Pourquoi Nemo est au centre de tout ça

Nemo n’a pourtant rien fait d’extraordinaire au sens polémique du terme.

Pas de discours militant sur scène.
Pas de provocation calculée.
Juste une performance gagnante, et une visibilité assumée.

Et parfois, c’est suffisant pour que certaines crispations remontent à la surface.

La victoire de Nemo n’a pas créé l’intolérance. Elle l’a rendue visible.

L’Eurovision comme révélateur social

Chaque année, l’Eurovision agit comme un test grandeur nature.
Pas seulement musical. Culturel.

Elle montre qui applaudit, qui doute, et qui réagit mal quand les normes bougent. La plupart du temps, ces tensions restent cantonnées aux réseaux sociaux. Cette fois, elles ont franchi une ligne juridique.

Et c’est précisément pour cela que cette affaire dépasse le simple fait divers politique.

Une frontière rappelée noir sur blanc

Cette décision de justice ne demande à personne d’aimer l’Eurovision.
Elle n’oblige pas à adhérer à ses codes, ni à ses symboles.

Elle rappelle simplement une chose essentielle: critiquer n’est pas humilier, et l’opinion ne devient pas intouchable sous prétexte qu’elle est publique.

Dans un contexte où tout se dit vite, trop vite, ce rappel a du poids.

L’Eurovision avance. Pas le débat.

L’Eurovision 2024 est déjà derrière nous.
De nouveaux artistes, de nouveaux gagnants, de nouveaux débats occupent l’espace.

Mais l’histoire autour de Nemo continue de résonner, parce qu’elle touche à quelque chose de plus large que la musique: la visibilité, la représentation et la manière dont certaines victoires dérangent encore.

Nemo a gagné un concours.
Cette affaire montre pourquoi cette victoire n’était pas anodine.

Source: Blick

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