Fanny Biascamano est morte à 46 ans. Et c’est une histoire qui commence trop tôt

Il y a des artistes dont on ne suit pas la carrière au jour le jour, mais dont on n’oublie jamais la première apparition.
Fanny Biascamano faisait partie de ceux-là.
La chanteuse, originaire de Sète, est décédée à l’âge de 46 ans, des suites d’une longue maladie. Sa famille a annoncé qu’un dernier hommage lui sera rendu le samedi 3 janvier à 9h30, à l’église Saint-Joseph de Sète. Une date, un lieu, et une fin beaucoup trop précoce.
Une voix d’enfant… qui n’en était pas vraiment une
Fanny s’est fait connaître en 1991, à seulement 12 ans, lors de son passage dans Sacrée Soirée, l’émission de Jean-Pierre Foucault sur TF1. Ce soir-là, elle reprend L’homme à la moto d’Édith Piaf.
Ce n’était pas un “moment mignon”.
C’était troublant.
Une voix grave, posée, presque trop mature pour son âge. Le public ne regarde pas une enfant talentueuse. Il écoute une interprétation. Le single se vend à plus de trois millions d’exemplaires. En France. Au Canada. Partout.
L’année suivante, elle sort son premier album, Fanny, qui devient disque d’or avec plus de 100 000 ventes. La machine est lancée. Très vite. Peut-être trop vite.
Eurovision 1997, sans artifice
En mai 1997, Fanny représente la France à l’Eurovision Song Contest avec Sentiments songes, une chanson écrite et composée par Jean-Paul Dréaud.
Elle termine 7ᵉ. Un très bon classement. Mais surtout, une prestation sans excès, sans mise en scène écrasante, sans besoin de prouver quoi que ce soit. Elle chante. Elle tient la scène. Et elle repart.
Certaines prestations Eurovision vieillissent mal. Celle-ci, non.
Une autre vie, loin du bruit
Après l’Eurovision, Fanny Biascamano continue de chanter, de se produire, mais sans chercher l’omniprésence. Elle s’éloigne peu à peu de la lumière médiatique, choisit des chemins plus discrets.
Elle écrit. Elle publie plusieurs livres. Son dernier ouvrage, en 2019, est un livre de recettes consacré au poisson, La cuisine du sud de A à Z. Rien à voir avec les projecteurs. Tout à voir avec l’ancrage, la transmission, le Sud.
Ça aussi, ça raconte quelque chose.
Trop jeune pour une fin
Fanny Biascamano n’était pas une nostalgie. Elle n’était pas un “souvenir d’enfance” figé. Elle était une artiste qui avait vécu plusieurs vies, à son rythme.
46 ans, ce n’est pas un âge pour une page finale.
Mais il reste cette voix que beaucoup reconnaissent encore instantanément. Et cette impression persistante qu’elle n’a jamais forcé sa place.
Elle n’a pas cherché à être partout.
Elle a simplement été là. Et parfois, ça marque plus longtemps.
Source: France bleu