Eurovision 2026 : les chaînes respirent (un peu) face au nouveau système de vote

Pendant que l’EBU annonce fièrement sa « grande réforme », ce sont surtout les télévisions nationales qui reprennent leur souffle. Car derrière les termes techniques, il y avait une vraie angoisse : celle de voir le concours sombrer dans une crise de confiance totale.

En Belgique, la VRT et la RTBF n’ont pas caché leur soulagement. Pour elles, ces mesures vont clairement dans le bon sens. Un système de vote plus transparent, plus contrôlé, moins manipulable… exactement ce qu’elles réclamaient depuis des mois. La VRT parle même d’un « pas essentiel » pour restaurer la crédibilité du concours et, surtout, pour continuer à envisager une participation sans malaise.

Aux Pays-Bas, l’AVROTROS joue la carte de la prudence. Pas d’euphorie, pas de grande déclaration. La chaîne attend la réunion de décembre de l’EBU pour prendre position officiellement. Traduction non diplomatique : « on regarde, on évalue, et ensuite on voit si on reste dans ce cirque ou pas ».

En Islande, le ton est plus direct. Le directeur général de la RÚV reconnaît que les changements vont « dans la bonne direction », mais reste très clair : cela ne garantit en rien une participation en 2026. D’autant plus que l’opinion publique islandaise est massivement favorable à un boycott si Israël est autorisé à concourir. Ici, le débat dépasse largement la musique.

Même musique en Irlande. RTÉ rappelle que rien n’est réglé tant que la question israélienne n’est pas tranchée lors de l’Assemblée générale de décembre. Les nouvelles règles, très bien. Mais les règles seules ne suffisent plus. Le problème, selon Dublin, est désormais politique, moral… et impossible à ignorer.

En Norvège, la NRK se montre presque satisfaite, ce qui relève du miracle nordique. Son responsable éditorial estime que l’EBU a enfin écouté ses membres et que les ajustements « vont dans la bonne direction ». Mais là encore, le soutien n’est pas aveugle. Si Israël reste en compétition, la pression des associations et de l’opinion pourrait faire basculer la décision.

Et puis il y a l’Autriche, hôte de l’édition 2026, qui joue les équilibristes. L’ORF défend la réforme, applaudit la diplomatie, promet un concours plus pur, plus musical, plus noble… tout en évitant soigneusement de trop s’approcher d’un sujet qui pourrait mettre le feu à la Stadthalle avant même la première répétition.

En clair : les chaînes accueillent les changements avec un soulagement poli, mais personne ne signe encore de chèque en blanc à l’EBU. Décembre sera le vrai test. D’ici là, chaque télévision garde un œil sur le règlement… et l’autre sur le champ de mines diplomatique.

Sources: VRT / Yle / RTÉ / NRK / RÚV

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