L’Eurovision 2026 divise le Portugal… et personne n’a vraiment gagné le débat

Le Portugal commence l’année 2026 avec une question simple en apparence, mais explosive dans les faits :
faut-il participer à l’Eurovision cette année ou non ?
Un sondage publié par l’institut Pitagórica pour TVI/CNN Portugal vient confirmer ce que l’on pressentait déjà : le pays est profondément partagé, et aucune position ne s’impose clairement.
Des chiffres clairs… mais une réponse floue
Selon cette enquête, 46 % des Portugais soutiennent la décision de la RTP de participer à l’Eurovision 2026. Ce n’est pas une vague d’enthousiasme, mais c’est tout de même le camp le plus important.
En face, 38 % des sondés s’y opposent, mais avec des nuances :
- 28 % estiment que le Portugal devrait boycotter totalement le concours.
- 10 % préféreraient maintenir le Festival da Canção, mais renoncer à l’Eurovision.
Autrement dit, certains veulent la musique… sans la scène européenne.
Entre les deux camps, 9 % des personnes interrogées disent que leur opinion dépendra de l’évolution de la situation d’ici au mois de mai. Une position attentiste qui, dans le contexte actuel, paraît presque raisonnable.
Les 7 % restants n’ont pas souhaité répondre ou ne savaient pas quoi penser. Ce qui, honnêtement, résume assez bien l’état d’esprit général.
Qui soutient vraiment la participation ?
Le profil des partisans de l’Eurovision n’est pas anodin. Le soutien est plus fort chez :
- les hommes,
- âgés de 35 à 44 ans,
- issus des classes sociales les plus modestes (C2/D),
- vivant principalement dans le nord du pays,
- et parmi l’électorat du parti Chega.
Un détail qui suffit à expliquer pourquoi le débat déborde largement du cadre musical.
Quand l’Eurovision devient un symbole
Ce sondage montre surtout une chose : au Portugal, l’Eurovision n’est plus seulement un divertissement.
Pour certains, y participer reste une vitrine culturelle et un lien avec l’Europe.
Pour d’autres, c’est un geste politique devenu impossible à assumer.
Et pour beaucoup, tout dépendra de ce que les prochains mois réservent.
L’Eurovision agit ici comme un miroir : elle reflète les tensions, les contradictions et les hésitations d’un pays face à un monde de plus en plus instable.
Une décision qui ne passera pas inaperçue
Avec un pays quasiment coupé en deux, la participation du Portugal à l’Eurovision 2026 à Vienne ne pourra pas se faire dans l’indifférence.
Quelle que soit la décision finale, elle laissera des mécontents.
Et, au fond, rien n’est plus eurovisif que de commencer l’année par une polémique… avant même d’avoir entendu une chanson.
L’Eurovision n’a pas encore commencé.
Mais au Portugal, le débat est déjà en direct.
Source: ESC Portugal