Eurovision 2026 : en Belgique, des artistes en ont assez de faire comme si de rien n’était

Il y a des moments où rester silencieux devient étrange. Presque gênant. C’est exactement de ça que parlent des artistes belges aujourd’hui.
Début décembre, la confirmation tombe : Israël participera à l’Eurovision 2026. Officiellement, rien de nouveau. Officieusement, pour beaucoup, c’est la goutte de trop. Un collectif d’artistes et de personnes issues du monde culturel belge a donc décidé d’écrire. Pas pour débattre gentiment. Pour dire stop.
Ils ne parlent pas de chansons. Ni de paillettes. Ni de scénographie.
Ils parlent d’un malaise qui dure.
La fameuse neutralité… vraiment ?
Le mot revient souvent quand on parle de l’Eurovision : neutralité. Apolitique. Divertissement pur.
Sauf que cette neutralité, expliquent-ils, ne tient plus très bien debout.
En 2022, après l’invasion de l’Ukraine, la Russie est exclue du concours en un éclair. Moins de deux jours. Décision nette. Aujourd’hui, Israël reste dans la compétition alors que la situation à Gaza continue, malgré les annonces, malgré leshles promesses, malgré les cessez-le-feu fragiles.
À partir de là, difficile de ne pas voir un deux poids, deux mesures.
Participer, ce n’est pas rien
La carte blanche vise aussi la Belgique elle-même.
Cette année, la RTBF et la VRT ont la main pour choisir le ou la représentante du pays. Et elles ont choisi de rester. De continuer. Comme d’habitude.
Pour les artistes signataires, ce n’est pas un détail. Continuer à participer, c’est accepter le cadre tel qu’il est. Même quand il pose problème. Même quand il dérange.
Ne rien faire, ce n’est pas être neutre. C’est déjà une position.
Quand la culture sert de décor
Un autre mot revient dans le texte : art-washing.
L’idée est simple. Utiliser la culture, les grands événements, les images positives, pour rendre une réalité plus présentable. Plus digeste.
Dans ce contexte, l’Eurovision devient une vitrine. Une vitrine joyeuse. Colorée. Et donc très utile. Trop utile, peut-être.
Les artistes ne disent pas que la culture ne sert à rien. Ils disent exactement l’inverse. Elle sert. Et c’est bien pour ça qu’elle ne peut pas tout accepter.
Faire semblant de ne pas choisir, c’est choisir quand même
L’argument de l’Eurovision “hors politique” est directement remis en cause. Accepter Israël, c’est déjà une décision politique. D’autant plus quand la télévision publique israélienne dépend du pouvoir en place.
À un moment, disent-ils, il faut arrêter de se cacher derrière les mots.
Une demande simple, pas confortable
La conclusion n’est pas spectaculaire. Elle est presque sobre.
Le collectif demande à la RTBF de suspendre sa participation à l’Eurovision 2026 tant que cette situation perdure. Pas pour provoquer. Pas pour faire le buzz. Mais pour rester cohérent avec les valeurs que le service public revendique.
L’Eurovision aime parler d’unité.
En Belgique, des artistes demandent juste si cette unité peut encore exister sans fermer les yeux.
Ce n’est pas un texte confortable.
Mais il n’est clairement plus marginal.
Source: La libre