Le “Sanremo” va-t-il faire sa valise ? La RAI menace de transformer le festival en tournée balnéaire

Tenez-vous bien : après trois quarts de siècle à parfumer la Riviera ligure de notes aiguës et de drames en paillettes, le mythique Festival de Sanremo pourrait quitter… Sanremo. Les indiscrétions du Messaggero racontent qu’à partir de 2027, la RAI envisagerait sérieusement de déménager la fête vers d’autres rivages plus spacieux – Sorrente, Viareggio, Rimini, Senigallia, voire Turin pour les amateurs de terre ferme. Oui : adieu Ariston, bonjour dolce vita itinérante.
Pourquoi ce divorce à l’italienne ?
- L’addition salée – Sanremo réclame désormais 6,5 millions d’euros par an, plus un pourcentage sur les recettes pub pour refaire sa promenade.
- L’Ariston sous perfusion – jolie salle vintage, mais quand on doit caser écrans LED, drones et orchestre XXL, le plafond commence à grincer.
- Logistique by night – hôtels sold-out un an à l’avance et Wi-Fi digne de 1998 ; pas idéal pour TikTok ni pour les caprices d’une diva au lissage brésilien.
Les prétendants en maillot de bain
| Candidate | Atouts | Petit hic |
|---|---|---|
| Sorrente | Carte postale, citronnade, vue sur le Vésuve | Accès aéroport… disons panoramique |
| Viareggio | Esprit carnaval + héritage des proto-éditions 1948-49 | Capacité hôtelière à muscler |
| Rimini | Clubs à gogo et plages XXL | Trop « Ibiza Adriatique » pour les puristes |
| Turin | Inalpi Arena testée par l’Eurovision 2022 | Pas de mer, pas de mouettes, mais du gianduja |
Et les maisons de disques dans tout ça ?
Pendant que la mairie négocie, les majors fulminent : « cachets trop maigres, on boycotte ! ». Sans superstars, l’audience s’effondre plus vite qu’un soufflé. Résultat : la RAI agite le plan B pour montrer qu’elle peut déplacer le barnum et garder le contrôle – façon avertissement « Hanouna style » : “Si tu refuses nos conditions, on embarque le décor et on file chez le voisin.”
Le rebranding à la sauce pesto
On murmure déjà un nom plus neutre : Festival de la Chanson Italienne. L’idée ? Conserver la marque RAI, troquer le code postal et, pourquoi pas, alterner les villes tous les deux ans – à la mode Eurovision mais sous drapeau tricolore. Les puristes crient au sacrilège ; les offices du tourisme sortent le prosecco.
Sanremo sans Sanremo, c’est comme une pizza sans basilic : perturbant, mais toujours comestible. Et si la RAI parvient à quadrupler le plateau technique, attirer les labels et offrir des coulisses climatisées, même les plus nostalgiques pourraient finir par chantonner Felicità sur une plage toscane. En attendant le verdict, gardez vos paillettes à portée de main : le grand remix logistique ne fait que commencer.
Source: Il Messaggero- Davide Maggio